Un magnifique cirque glaciaire au sud de l’Islande.

Dans cet article, vous trouverez toutes les informations sur le camping de Thakgil et les différentes randonnées de la région. En particulier celle qui conduit à un majestueux point de vue sur le glacier Myrdalsjokull, la randonnée d’Austurafretta. Sans aucun doute, un des plus beaux panoramas d’Islande.

Après une journée dans la région du Laki (vous pouvez retrouver l’article : Lakagigar, les cratères du Laki), nous retrouvons le sud de l’Islande. La route numéro 1 nous conduit dans les environs de Vik. Quelques kilomètres à l’est de cette dernière, la route non asphaltée 214 s’éloigne de la côte en direction de Thakgil et du glacier Myrdalsjokull.

Calotte glaciaire du Myrdalsjokull

Informations pratiques accès et camping de Thakgil

Depuis Vik, suivre la route numéro 1 vers l’est pendant 4 kilomètres et demi. Puis bifurquer sur la route 214 (à gauche). Il reste 16 kilomètres jusqu’au camping.
La 214 n’est pas une piste. Par conséquent, il est autorisé de l’emprunter avec tout type de véhicule. Mais, selon nous, ce n’est pas recommandé. Pour ceux qui s’y aventurent malgré tout avec une berline, roulez vraiment au pas !

Les innombrables trous et profondes ornières qui parsèment l’itinéraire risquent d’endommager les véhicules qui la parcourent. A l’aller, une voiture était d’ailleurs en panne, sur le bas-côté. Au retour, un 4*4 gisait renversé ; le conducteur roulait certainement bien trop vite.

En fonction des années, la route 214 est accessible courant mai et durant tout l’été.

Le camping de Thakgil est seulement ouvert de début juin à mi-septembre.
Possibilité de camper ou stationner avec un van et de louer une cabane.

Tarifs.
Camping : 2300 ISK par nuit et par personne (douche incluse)
Cabane : 25000 ISK par nuit (jusqu’à 4 personnes)
Plus d’informations : Camping de Thakgil


Camping de Thakgil

Après avoir été un havre de paix pendant des années, le camping de Thakgil est devenu extrêmement fréquenté à la suite de la publication de photographies, d’un étroit et menaçant canyon, sur les réseaux sociaux. Cette affluence est d’ailleurs incompatible avec les équipements du lieu. Avec deux douches pour des dizaines de campeurs, il vaut mieux arriver tôt ou s’armer de patience.

Découvrir la réalité derrière cette prise de vue bien réalisée et très retouchée est risible. Le canyon, peu profond, situé à deux minutes de marche du camping, n’a rien d’impressionnant.

Cependant, l’emplacement de Thakgil offre une ambiance « Hautes Terres » aux voyageurs qui y passent la nuit. C’est peut-être le seul endroit d’Islande accessible en berline qui permet de découvrir des paysages semblables à ceux du centre de l’île.

Le camping occupe un cirque rocheux, au bout d’une route en cul-de-sac. Tout autour, de hautes parois presque infranchissables et couvertes de mousse verte s’élèvent vers le ciel.

Alors que la plupart des touristes y passent seulement la nuit et poursuivent leur périple, Thakgil offre certaines des plus belles randonnées du pays. C’est d’ailleurs pour cela que nous sommes venus, atteindre un extraordinaire point de vue sur le glacier Myrdalsjokull.

Le lendemain, il fait grand beau au réveil. Ciel bleu, pas un nuage à l’horizon. Espérons que cela dure.


Informations pratiques randonnées Thakgil

Trois randonnées principales sont possibles en partant du terrain de camping.

Celle menant au sommet du mont Maelifell (à ne pas confondre avec le cône volcanique éponyme à l’intérieur des terres), 13 kilomètres et 4 à 5 heures de marche. Sentier en rouge sur la carte.

Celle du ravin de Remundargil (sentier violet), moins escarpée, 12 kilomètres et 4 heures de marche.

Enfin, celle d’Austurafretta, 17 kilomètres et 6 à 8 heures de marche pour effectuer la boucle dans son intégralité (sentier jaune).
La randonnée n’est pas accessible avant fin juin / début juillet lorsque la neige accumulée durant l’hiver a suffisamment fondu. En début de période, il est également recommandé de disposer de crampons de randonnée pour traverser les nombreuses plaques de neige.

Il est possible de s’épargner le premier (et le dernier) kilomètre de marche, le long de la route 214, en les effectuant en voiture.
Sinon, depuis le camping de Thakgil, un accès direct (mais pentu) permet de rejoindre le chemin, qui passe au bord des parois qui encerclent le campement. Se renseigner auprès du camping.


Randonnée d’Austurafretta

Pour notre part, nous avons suivi l’itinéraire de la randonnée d’Austurafretta jusqu’au point de vue sur le glacier Huldujokull, avant de revenir sur nos pas, ce qui nécessite 4 heures de marche.

Après avoir pris un peu de hauteur depuis le camping de Thakgil, nous longeons un ravin aux parois vertes tourmentées. Plus loin, c’est un rhinocéros, de pierre, qui se dresse sur notre itinéraire.

Le chemin monte, tranquillement mais de manière régulière, au milieu de collines arrondies. L’itinéraire est évident, nous suivons une piste parsemée de profondes ornières, uniquement accessible aux véhicules tout-terrain avec une importante garde au sol.

Plus tard, nous laissons sur notre gauche le sentier qui mène au Maelifell et poursuivons plein nord. Le dôme glaciaire du Myrdalsjokull commence à apparaître. Nous quittons alors le chemin balisé. En effet, la boucle classique d’Austurafretta ne mène pas au point de vue.

A partir de maintenant, nous avançons tout droit, vers le glacier, sur un terrain caillouteux. Par beau temps, s’orienter ne pose guère de difficulté. La glace brillante nous indique la direction à suivre.

Nous longeons ensuite une zone humide où poussent des mousses à la couleur verte surnaturelle. Ces dernières sont extrêmement fragiles et mettent des décennies à pousser, nous les contournons pour ne pas les abîmer.

Ici, l’expression « geler à pierre fendre » prend tout son sens. De nombreuses pierres sont éclatées en morceaux, à cause des températures glaciales de l’hiver.

Un dernier effort et nous avons le souffle coupé. Le paysage qui se dévoile devant nous est grandiose.

Point de vue sur le Myrdalsjokull

La calotte glaciaire du Myrdalsjokull occupe un vaste plateau qui s’étend à l’infini. Le bras du glacier le plus proche porte plus précisément le nom d’Huldujokull.

La blancheur immaculée de la glace étincelle sous un ciel d’un bleu limpide. Plusieurs cascades, dont une au débit plus important que les autres, celle d’Huldufoss, se jettent dans le vide, le long d’un cirque rocheux.

Nous nous trouvons en face, à un kilomètre de distance, en bordure d’une falaise vertigineuse. Gare à la chute… Le fracas de l’eau qui tombe résonne entre les parois rocheuses.

Les craquements impressionnants du glacier se font également entendre régulièrement. Il s’agit certainement d’un des plus beaux paysages d’Islande, un où on se sent tout petit face à une nature si majestueuse.

Quelques centaines de mètres plus bas, le fond du cirque est également couvert d’une épaisse couche de glace et de neige. Bien que cette dernière se réduise année après année à cause du réchauffement climatique.

Sur la droite, un bras du Myrdalsjokull en forme de soucoupe volante se perd dans les étendues infinies d’un désert de sable noir. Au delà, nous distinguons le glacier Vatnajokull, situé à une centaine de kilomètres à vol d’oiseau.

Après un pique-nique sous le soleil, face à ce paysage spectaculaire, nous retournons sur nos pas. Dans ce sens, le chemin emprunté le matin même est en descente.

Nous croisons alors une brebis et ses deux petits, en train de brouter de rares touffes d’herbes entre les pierres. Ces moutons qui passent l’été en liberté au milieu de nulle part, dans une zone a priori peu propice, nous étonneront toujours.

Retour à la voiture en milieu d’après-midi.

La fin du séjour approche, il nous reste deux jours en Islande, profitons-en pleinement ! Plutôt que dormir dans un camping du sud de l’île, nous décidons d’aller passer la nuit dans les hautes terres.

Piste F232, vers le Maelifell

Il fait beau et les prévisions météorologiques annoncent un vent modéré. En outre, nous avions repéré un endroit magnifique pour bivouaquer à proximité de la piste F232. Une heure et demie de trajet nous attend, sans difficulté majeure.

Un rapide passage à Vik pour effectuer quelques courses et nous laver dans le camping du village (les douches sont payantes), quarante kilomètres sur la route numéro 1, quelques-uns sur la 209, puis nous bifurquons sur la piste 232 (vous pouvez retrouver plus d’informations sur l’itinéraire dans l’article Mont Maelifell).

Le temps se couvre alors que nous nous dirigeons vers l’intérieur de l’île. Ces derniers jours, cela était fréquemment le cas. La côte Sud était sous le soleil tandis qu’une épaisse couverture nuageuse recouvrait les Hautes Terres.

Nous roulons ensuite en direction du glacier Myrdalsjokull qui apparaît à bonne distance, puis vers le mont Oldufell. La seule difficulté de la piste se matérialise, dans un cadre magnifique, un gué surplombant une cascade.

Sur la piste F232

Nous l’avons déjà franchi deux fois et contournons la grosse pierre qui se trouve dans le lit de la rivière. Très rapidement après le gué un bout de piste part sur la gauche et mène à un emplacement où stationner pour aller admirer la cascade.

Nous montons alors la tente, avec une vue imprenable sur la cascade. Les boules Quies sont indispensables pour dormir. En effet, la chute d’eau fait un bruit assourdissant.

Dans la soirée, le vent se met à souffler, plus fort qu’annoncé par les prévisions météorologiques. Même si nous sommes en partie protégés par un talus d’un côté et une montagne de l’autre, la nuit sera moins reposante que prévu.


Informations pratiques

Route 214 vers Thakgil : Pas de gué à traverser, la route n’est pas classée parmi les pistes mais pourrait l’être au vu des trous et ornières à franchir. Empruntée par des berlines de location ; autorisé, mais pas forcément recommandé (ou à très faible allure et encore …).
Camping Thakgil, emplacement pour tente, deux personnes et voiture : 4600 ISK. Seulement 2 douches pour des dizaines de campeurs.
Douche, camping de Vik : 300 ISK
Piste F232. Piste sans difficulté majeure et agréable à conduire. Attention au gué (et au rocher dans la courbe) sur la rivière Blafjallakvisl. Paysages magnifiques. Environ 1 heure de route jusqu’au gué.


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