Somptueux cône volcanique et piste secrète.

Dans cet article, nous vous donnons toutes les informations pour accèder au mont Maelifell, un majestueux cône volcanique couvert de mousses vertes qui s’élève au milieu d’un désert de sable noir. Il s’agit d’un des plus beaux endroits d’Islande. Pourtant le lieu est encore très peu fréquenté. En effet, les deux principales pistes d’accès sont difficilement accessibles. Malgré tout, un itinéraire alternatif permet de rejoindre le Maelifell sans difficulté avec un véhicule tout terrain de petit gabarit.

Vers le Mont Maelifell

Au réveil, le ciel est dégagé. Nous décidons donc de nous aventurer à l’intérieur des terres, vers le majestueux Mont Maelifell. Un grand cône volcanique vert qui trône au milieu d’un désert de sable noir.
Rares sont les touristes qui s’y aventurent, en particulier à cause du manque d’informations disponibles. Il s’agit pourtant d’un des plus beaux endroits du pays.


Informations pratiques accès mont Maelifell

Pour s’y rendre, l’itinéraire principal emprunte la piste F210, qui passe au pied du Maelifell. Problème, les deux accès, par l’Est et par l’Ouest sont impraticables avec un véhicule tout terrain de petit gabarit (Duster ou Jimny).
En effet, les gués à traverser (en particulier celui qui franchit la rivière Holmsa à l’est) et de grosses pierres à franchir (accès par l’ouest) nécessitent une voiture avec une garde au sol importante.

Sur la piste F232

Cependant, il existe une troisième possibilité pour accéder au Maelifell. La piste F232 (non référencée sur Google maps, mais bien indiquée sur maps.me) rejoint la piste F210, peut avant d’atteindre le mont Maelifell, en évitant les difficultés de cette dernière, principalement le gué sur la Holmsa.

Pour emprunter la F232, suivre la route numéro 1 (depuis Vik) pendant 39 kilomètres, puis bifurquer, à gauche, sur la route 209 (cette dernière conduit à Hrifunes). Après 5 kilomètres (juste avant de franchir le pont sur la rivière Holmsa), la piste F232 part sur la gauche.

La piste F232 longe alors la rivière Leira. Après 30 kilomètres, le gué de Blafjallakvisl se dresse sur la route. En règle générale, le niveau d’eau ne pose pas de problème pour les véhicules tout terrain de petit gabarit. Le franchissement est cependant impressionnant, car le gué surplombe une cascade ! Evidemment le cadre est extraordinaire.

7 Kilomètres après le gué, la piste F232 rejoint la F210 (sur une portion sans aucune difficulté). Il reste alors 6 kilomètres, sur un désert de sable, pour atteindre le pied du cône volcanique.

Compter une heure et demie entre l’embranchement de la route numéro 1 et le mont Maelifell.


Lors de notre passage, deux inconnues persistent néanmoins. Comme cette piste est peu fréquentée, nous ne connaissons pas son état. Ni la hauteur d’eau lors du passage du gué sur la rivière Blafjallakvisl, le seul qui pourrait poser problème sur ce parcours.

Après quelques courses au supermarché de Vik – inexistant il y a cinq ans, le développement touristique de cette petite localité est incroyable – nous suivons la route numéro 1 sur une quarantaine de kilomètres, avant de bifurquer sur la route 209 pendant quelques kilomètres. L’embranchement de la F232 part vers la gauche. L’aventure peut alors débuter !

Pistes F232 et F210

La piste F232 est cahoteuse par moments, mais sans difficulté majeure. Après une première partie quasi désertique où quelques moutons broutent les rares touffes d’herbe, la piste s’approche du glacier Myrdalsjokull avant de longer la rivière Holmsa.

Un premier gué, sur un affluent de cette dernière, se passe facilement. Une cascade est visible à proximité. Puis, le paysage devient absolument sublime.

Des collines aux formes diverses et variées, couvertes de mousse verte, s’élèvent au-dessus de vastes étendues de sable noir. Rouler sur cette surface lisse est un vrai bonheur.

Nous doublons un camping-car tout-terrain allemand. Il s’agit du seul autre véhicule que nous verrons pendant l’heure et demie que nous mettons à parcourir la piste.

Le mont Oldufell vers lequel nous nous dirigeons apparaît, également couvert de cette mousse à la couleur incroyable.

Nous approchons du moment critique de ce trajet, le franchissement du gué sur la rivière Blafjallakvisl. Petite particularité, il est situé en surplomb d’une jolie cascade d’une quinzaine de mètres de haut. Cela ajoute un peu de stress à la traversée… Si le courant est trop fort, la voiture sera inexorablement entraînée vers la chute d’eau. Heureusement, le débit est modéré.

Nous ne prenons malgré tout pas de risque et attendons les Allemands. Leur véhicule franchit sans problème la majeure partie du gué, avant de buter et rebondir sur une grosse pierre au niveau de la courbe. Grâce à cette information nous la contournons sans difficulté.

Le paysage alentour est incroyablement beau. Sable noir, collines vertes derrières lesquelles le glacier Myrdalsjokull apparaît, rivière cascadant au beau milieu de ce décor… L’emplacement semble parfait pour un bivouac !

Nous poursuivons la route. La piste serpente ensuite au milieu de roches volcaniques noires dont certaines présentent des reflets rougeâtres. Encore quelques kilomètres et nous atteignons la F210, une heure et demie après avoir quitté la route numéro 1.

Cône volcanique du Maelifell

Le mont Maelifell se dresse devant, à une dizaine de kilomètres, au-dessus d’une vaste étendue noire. Le désert de sable du Maelifellssandur qu’il nous faut traverser.

Lorsque les températures montent, que le soleil fait fondre les glaciers environnants, de nombreux cours d’eau se forment et ruissellent sur l’étendue désertique, formant des méandres. La conduite peut alors être délicate.

Nous ne rencontrons pas ce problème lors de notre passage. En effet, il n’y a pas beaucoup d’eau et la visibilité est bonne.

Depuis que nous avons laissé les Allemands au niveau du gué, nous sommes à nouveau seuls et nous ne croiserons aucun autre véhicule par la suite.

Il est étonnant de constater que, malgré l’explosion de la fréquentation touristique du pays (2 millions de visiteurs contre 300 000 dix ans auparavant), de nombreux endroits restent préservés.

Nous approchons du majestueux Maelifell, un volcan qui émergea sous la calotte glaciaire du sud de l’Islande il y a 10 000 ans, avant d’apparaître à la suite du recul des glaciers.

Le contraste entre le vert inattendu de cette éminence, le noir du sable à perte de vue et le blanc du glacier Myrdalsjokull sur la gauche est surréaliste.

Mont Maelifell

Par la suite, nous contournons en partie le cône volcanique, en suivant la F210 afin d’admirer les autres faces de la montagne.

Puis, en quelques minutes, les éclaircies laissent la place à une épaisse couverture nuageuse. Le brouillard commence alors à envahir les environs.

Le changement de temps, brutal, est extrêmement rapide. Dans ces conditions, il n’est pas impossible de se perdre dans ces étendues où la piste se confond avec le reste du paysage. Heureusement, des poteaux, peints en jaune, positionnés tous les vingt mètres environ indiquent la direction à suivre.

A peine quittons-nous le Maelifellssandur que la brume disparaît. Nous atteignons la piste F232 et effectuons, sans problème, le même trajet que le matin même, dans le sens inverse.

Plus tard, nous retrouvons la civilisation et la route numéro 1. C’est le milieu d’après-midi, le temps sur la côte Sud est ensoleillé. Il est encore temps de se diriger vers le Laki, que nous souhaitons découvrir le lendemain.

Piste F206, vers le Laki

Nous rejoignons ainsi la petite ville de Kirkjubaejarklaustur, birfurquons sur la route 206, qui se transforme quelques kilomètres plus loin en piste F206.

Cette dernière, accidentée et caillouteuse, est horrible à parcourir. Une heure et demie pour une cinquantaine de kilomètres.
Trois gués parsèment l’itinéraire, le dernier étant le plus profond. Une nouvelle fois, le niveau des rivières est bas, notre Duster les franchit sans problème.

Plus tard, nous parvenons à l’embranchement avec la piste F207, également appelée « boucle du Lakagigar ». Elle se parcourt dans un seul sens, antihoraire. La seule exception est pour se rendre au camping du Laki, situé à la fin de la piste. Il peut être rejoint directement, sans emprunter la boucle dans son intégralité.

La fin d’après-midi approche, nous nous dirigeons donc vers le camping de Blagil. Cependant, en arrivant, c’est la douche froide.

Une ranger nous informe que dormir sur le site est interdit ce soir-là. Une éruption volcanique s’est produite quelques heures auparavant sous le glacier Vatnajokull et des émanations toxiques sont susceptibles d’atteindre la zone du Laki. Il nous faut retourner à Kirkjubaejarklaustur en parcourant dans l’autre sens l’horrible F206.

Nous sommes furieux. Aucune information n’était disponible à l’entrée de la piste, aucun ranger n’est venu à la rencontre des véhicules qui s’aventuraient sur la piste pour les prévenir. Attendre tranquillement au chaud dans leur refuge est sûrement plus agréable… Après l’épisode de l’Askja, où ils dormaient paisiblement à l’intérieur de leur bâtiment pendant qu’une tempête s’abattait sur les campeurs dehors, nous sommes circonspects quant à leur rôle…

Retour à Kirkjubaejarklaustur où nous montons la tente dans l’agréable (et beaucoup moins fréquenté que celui de Vik) camping de la petite localité.


Informations pratiques

Pour atteindre le Maelifell, 2 heures de trajet depuis la route numéro 1, dont 1h30 sur la piste F232. Piste sans difficulté majeure et agréable à conduire. Attention au gué (et au rocher dans la courbe) sur la rivière Blafjallakvisl. Paysages magnifiques.
Piste F206 vers le Laki, 1h30 de trajet. Piste accidentée et caillouteuse. Aucun plaisir dans la conduite. Jolis paysages.
Camping Kirkjubaejarklaustur, tente deux personnes et voiture : 3200 ISK (300 ISK en supplément pour la douche).


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