Jours 3 & 4. Aéroport sur la plage, eau turquoise, curry dans les assiettes, l’étonnante Barra

Barra est l’île habitée la plus au sud de l’archipel des Hébrides extérieures. Au-delà Sandray, Pabbay, Mingulay, seulement peuplés d’oiseaux (dont des macareux sur Mingulay) et de phoques. Il est possible d’aller sur ces ilots. Quelques compagnies proposent des excursions à la journée.

Hebridean Sea tours        &       Barra Fishing charters

Pour les plus sportifs/téméraires, location possible de kayaks, permettant même de passer la nuit. Clear Water Paddling

 

Une unique route circulaire (A888) fait le tour de Barra (16 miles), prolongée au sud vers Vatersay et au nord vers Eoligarry. Cette route est une « single track road », soit une route à voie unique. Des « passing places » sont aménagées régulièrement pour permettre aux véhicules de se croiser.

Détail amusant, sur l’île tout le monde se dit « bonjour ». Que l’on soit à pied, en voiture, il est d’usage de faire un geste de la main aux véhicules/personnes que l’on croise. Cette particularité se retrouve sur Uist. Ce n’est pas le cas plus au nord, sur Lewis & Harris. Peut-être à cause d’une présence touristique plus importante ?

 

Nos infos : Il est d’usage que la voiture la plus proche d’une passing place s’arrête pour laisser passer le véhicule venant en sens inverse. Aucun problème dans les Hébrides. Sur la North Coast 500 certains locaux ont tendance à ne pas respecter cette règle et à forcer le passage, vous obligeant à quelques manœuvres en marche arrière ! Les camions et autres véhicules de gros gabarit sont prioritaires.

Lorsque la passing place est de votre côté (à gauche), arrêtez-vous dans la passing place. Lorsqu’elle est à votre droite, arrêtez-vous en face (en restant sur la voie de circulation), le véhicule venant en sens inverse vous croisera en passant dans la passing place.

 

Le centre de l’île, vallonné, est uniquement accessible à pied avec à la clé de belles (courtes) randonnées. L’île est dominée par le sommet du Heaval (383 m), offrant un magnifique point de vue. On vous en parlera un peu plus tard.

Un village, Castlebay, au sud de Barra, lieu d’arrivée du ferry en provenance d’Oban. Des hameaux dispersés autour de l’île. Quelques chambres d’hôtes, hôtels et campings. De multiples possibilités de camping sauvage. Peu de réseau téléphonique, pas de couverture internet mobile. Et de magnifiques plages disséminées un peu partout qui ne demandent qu’à être découvertes. Bref tout pour passer quelques jours à l’écart du monde dans un endroit superbe !

On a donc exploré Barra pendant 2 jours et demi. Deux jours sont adaptés pour découvrir les multiples facettes de l’île en prenant son temps. Prévoir 1 journée de plus si vous souhaitez faire une excursion en bateau ou du kayak.

Au sud, Vatersay est relié à Barra par une chaussée depuis 1991.

Cette île possède 3 plages magnifiques. On vous a parlé des 2 premières Traigh a Bhaig et Traigh Shiar (en gaélique traigh signifie plage). Une autre est située au-delà du village de Vatersay, Bagh A’deas. Pour y accéder empruntez à pied le chemin privé en face du bureau de poste.

Une randonnée permet de faire le tour des plages : Itinéraire randonnée

Peut-être croiserez-vous des vaches paisiblement installées sur la plage. On en a vu le premier soir sur Traigh a Bhaig. Elles étaient invisibles par la suite.

 

Nos infos : Des toilettes / douches publiques sont mises à disposition à côté du Vatersay Hall Cafe. Très propre. Vraiment appréciable quand on fait du camping sauvage sur Vatersay. Accessibles 24/24 et 7/7.

Toilettes gratuites. Bac pour faire la vaisselle.  Douches (2). 1£ pour 3 minutes.

Vatersay Hall Cafe. Ouvert de 10h à 17h. Gâteaux, cakes, scones…

 

Barra a une géographie assez similaire aux autres îles des Hébrides, avec des plages sur la côte Ouest, tournées vers l’Atlantique nord (et donc venteuses !) et une côte Est plus rocheuse.

En effectuant le tour de l’île, en partant de Castlebay dans le sens des aiguilles d’une montre, on découvre :

Le loch Tangasdail et la tour en ruine posée sur quelques rochers

La magnifique plage de Halaman Bay

Barra_oiseauLa plage d’Allasdale Bay

La plage de Seal Bay, fréquentée comme son nom l’indique par des phoques. Nous n’en avons pas vu. Si vous voulez tenter votre chance, garez-vous sur le parking du cimetière de Cuithir et traversez les dunes et le machair au milieu des vaches !

Ce même parking est le point de départ d’une randonnée vers les ruines archéologiques de Dun Cuithir, un fort de l’âge de fer et Dun Bharpa, une chambre funéraire. Itinéraire randonnée Dun Cuithir

On a commencé cette randonnée. La première partie jusqu’au fort ne pose pas de problème, des panneaux indiquent le chemin à suivre. Par la suite de nombreux panneaux sont invisibles, « déracinés » par les moutons et vaches qui paissent dans le coin et s’en servent pour se frotter. On a essayé de poursuivre, zigzaguant entre ruisseau et zones humides avant de renoncer.

Barratlantic. A Northbay prendre la route vers Eoligarry sur ½ mile, puis la route qui part vers la droite. Barratlantic

Barratlantic, principal employeur de Barra, est une compagnie de pêche et de transformation de poissons et fruits de mer. Vente directe sur place et livraison au magasin Buth Bharraigh (on en reparle plus tard). On a testé les pavés de saumon. Extra frais, délicieux et à prix abordable (5£ les deux beaux pavés).

 

En poursuivant la route vers Eoligarry, on tombe sur l’aéroport de Barra. Sa particularité : la piste d’atterrissage et décollage est la plage à marée basse ! Les avions, de la compagnie Loganair, atterrissent directement sur le sable. Les horaires des vols, en provenance et à destination de Glasgow, changent tous les jours, en fonction des marées.

Assister à un atterrissage fait partie des expériences à vivre absolument sur Barra ! Le site est magnifique, vaste plage de sable blanc, eau turquoise, quelques îlots dans le lointain et l’aéroport au creux de la baie.

On entend l’avion dans le lointain. Puis on l’aperçoit. Minuscule point dans le ciel. Au fur et à mesure de la descente le point devient plus visible. La plage devant nous est encore couverte d’une fine couche d’eau par endroits. Jusqu’au dernier moment on a du mal à imaginer qu’un avion va atterrir là. Et pourtant !

L’appareil arrive par le nord-est. Survole les ilots d’Eriskay et Fuday. Poursuit sa descente. Et se pose sur le sable. On en reste bouche bée. C’est plutôt impressionnant. Puis l’avion roule, toujours sur le sable, pour arriver devant l’aéroport. Il s’arrête. Les passagers descendent. Une dizaine. Certains semblent un peu secoués ! On les comprend, le vol dans un si petit avion n’a pas dû être de tout repos.

Quelques minutes plus tard les bagages sont amenés dans un petit espace vitré sur le parking de l’aéroport. Récupérés par les passagers. Quelques touristes. Des locaux, chaleureusement accueillis par de la famille ou des amis.Barra_ouest_Nos infos : 2 vols par jour en été (parfois 3 si les marées le permettent) et 1 le reste de l’année. Les horaires des vols sont disponibles sur le site de l’aéroport  Aéroport de Barra

Attention à ne pas se trouver sur la plage pendant les atterrissages/décollages.

Deux points de vue. Du parking de l’aéroport pour une vue rapprochée de l’avion. Ou environ 0,8 mile avant l’aéroport à l’entrée de la baie, à l’endroit où un banc est installé, pour une vision plus globale.  

Barra Airport Cafe. Ouvert 10h-16h. Boissons, soupes, sandwiches, gâteaux à déguster en assistant à l’atterrissage/décollage. Unique !

 

La péninsule d’Eoligarry.

En face de l’aéroport (5 minutes à pied), tournée vers l’ouest, une nouvelle plage magnifique, Traigh Eais. On traverse les dunes recouvertes de machair avant de déboucher sur cette plage de sable blanc. Le vent souffle. Les vagues déferlent. L’eau est turquoise sur le bord. Un bleu plus profond au large. Rien à l’horizon à part l’immensité de l’océan. Pas de terres sur des milliers de kilomètres. On se sent aux confins du monde…

Le reste de la petite péninsule est à l’image de Barra. Un mélange de bleu (la mer), de vert (l’herbe et le machair), de gris (les rochers et les collines) et de blanc cassé (le sable).

Une randonnée permet d’en faire le tour : Randonnée Eoligarry

Ruines de l’église médiévale de Cille Bharra. Pierre du 9ème ou 10ème siècle (sa copie) avec des inscriptions viking.

Balade sur les plages à l’est. On aperçoit l’ilot de Fuday. Un peu plus loin Eriskay et South Uist, notre future destination. Mais nous n’en sommes pas encore là ! Nous « subissons » le temps écossais. Beau temps. Sans prévenir un nuage arrive. Il pleut à verse pendant quelques minutes. Nous sommes trempés. Le nuage passe et à nouveau le soleil se remet à taper.

Des ostréiculteurs ramassent des huitres, avant de les décharger dans une camionnette aux couleurs de Barratlantic. Cela nous donne une idée. Et si on mangeait des huitres ?

On se dirige vers Barratlantic. Ils ne proposent pas de vente directe d’huitres. La totalité de la production récupérée auprès des ostréiculteurs est exportée vers l’Ecosse continentale, la France et l’Espagne. Le seul magasin de l’île, le Coop de Castlebay n’en vend pas non plus. On demande auprès de la femme s’occupant du magasin communautaire Buth Bharraigh. Et là c’est le miracle ! Un appel à une connaissance. Elle nous informe qu’elle peut nous avoir des huitres pour le lendemain.

Nos infos : Après renseignement les ostréiculteurs que nous avons vus sur la plage font partie du groupement « Isle of Barra Oysters » : Site internet Isle of Barra Oysters

Le magasin communautaire Buth Bharraigh (à Castlebay) est un incontournable. Le concept est génial et indispensable sur une petite île. Le magasin vend à la fois des produits locaux mais également des produits spécifiques nécessaires à certains habitants de l’île. Magasin Buth Bharraigh

On y trouve des confitures (délicieuses !), des poissons et fruits de mer livrés par Barratlantic, du pain, des parts de gâteaux, du savon fabriqué sur l’île…

Mais également, moins local, du curry (vous comprendrez pourquoi par la suite !), du matériel de pêche, de quoi tricoter (aiguilles et pelotes de laine en quantité), des cartes routières (très pratique, on vient de s’apercevoir qu’on a oublié la nôtre en France), quelques souvenirs….

Sur place on trouve aussi un espace « café » avec boissons chaudes, une machine à laver le linge, du wifi gratuit et des vélos à louer.

 

La côte est de Barra est plus rocheuse, mais tout aussi belle. Quelques lochs parsèment le paysage. Des moutons un peu partout, y compris sur la route. La route longe l’océan. Toujours ce bleu turquoise par endroits. On roule doucement. De nombreux arrêts pour profiter. Même un pique-nique sur les rochers un midi.

Le tour de Barra est presque terminé. On s’approche de Castlebay. Devant nous la silhouette de Heaval. Cette colline culmine à 383 mètres et offre un magnifique point de vue. Une randonnée permet d’atteindre le sommet : Itinéraire randonnée Heaval

Si vous avez une voiture, vous pouvez (comme nous l’avons fait) démarrer la randonnée directement au pied du Heaval. A 1 mile de Castlebay un parking permet de se garer. A partir de là on traverse la route, une première clôture, puis une seconde. Le sentier n’est pas toujours facile à suivre par la suite mais la destination de la marche est bien visible.

On fait cette marche en fin d’après-midi. Le vent souffle fort. Tellement fort qu’on hésite à faire demi-tour plusieurs fois. En plus le temps n’est pas si dégagé. Cela vaut-il la peine ?

Ca grimpe. Au fur et à mesure de la montée le paysage s’élargit. Castlebay, le château de Kisimul, la baie. Puis Vatersay, des plages de sable. Enfin les îles au sud des Hébrides. Oui ça en vaut la peine ! Une fois au sommet une vue à 360° se dévoile. L’intégralité de Barra. La péninsule d’Eoligarry. Eriskay. South Uist. Ouah c’est beau !

Par contre pour les photos c’est pas terrible. Il est préférable de faire cette randonnée en début de matinée pour éviter le contre-jour. On redescend. Rapidement, poussés par le vent.

Le lendemain, au réveil, grand beau. Comme nous sommes un peu frustrés par les photos de la veille on y retourne. Un peu d’activité physique ne fait pas de mal. Et là c’est carrément sublime !

On poursuit la route. Retour à Castlebay. La boucle est bouclée. Petite promenade en bord de mer pour admirer le château de Kisimul (15ème siècle, bien restauré). Il est possible de le visiter. Une petite embarcation vous y emmène en 5 minutes. Départs toutes les 30 minutes à côté du débarcadère du ferry.Kisimul castle_2Avant de rentrer sur vers notre campement, arrêt chez Buth Bharraigh. On boit un chocolat chaud. On en profite pour charger la batterie de l’appareil photo.

Connexion internet. On veut réserver la traversée en ferry vers Eriskay pour le lendemain en fin de journée. Trop tard. Le ferry est complet. Et pour le jour suivant il ne reste plus qu’un trajet disponible. Petit coup de stress. Vite on prend les billets.

Certains trajets vers Harris et Ullapool sont aussi complets. On réserve également ces traversées. Même si ça laisse moins de place à l’improvisation.

 

Nos infos : Pour les traversées entre îles, les trajets tôt le matin et en fin de journée sont les plus empruntés par les locaux. En particulier pour des déplacements professionnels et le transport de marchandises. La présence d’un semi-remorque Barratlantic sur le ferry limite la place pour les autres véhicules !

 

Peu d’endroits pour se restaurer à Castlebay (et Barra de manière générale) mais on y trouve une pépite. Le Café Kisimul. Site internet Cafe Kisimul

Leur spécialité est le curry (oui le plat indien !). D’où la vente de différents currys dans le magasin Buth Bharraigh. C’est super bon ! Et en plus ils s’approvisionnent de manière locale quand c’est possible.

Nous avons testé le curry Bhoona (épices frites dans de l’huile) et Korma (crème, noix de coco et amande) avec de l’agneau (de Barra). Et le lendemain les burgers (au bœuf de Barra). Excellent !

Juste un petit regret, ne pas avoir pu tester les entrées au crabe. Ce n’était pas la période de pêche à Barra. Mais cela montre l’approvisionnement local.

Le restaurant ouvre aux alentours de 12h/12h30, en fonction de la préparation des plats.

Enfin signalons le magasin Co-op de Castlebay. Etonnamment grand par rapport à la taille de l’île et la population de Barra (1200 habitants).

 

Nos infos : De nombreux magasins en Ecosse fonctionnent sur forme de coopératives et se sont regroupés sous le nom Co-op (The Co-operative food). Site internet Co-operative

Les actionnaires de ces magasins sont les membres de la communauté qui se sont regroupés. Une partie des profits est reversée à des associations locales.

Seul point négatif, ces magasins vendent peu de produits propres à la communauté. Le saumon que l’on trouve dans le Co-Op de Castlebay provient certes d’Ecosse mais pas de l’île de Barra. Seuls les pains et gâteaux proviennent de la boulangerie MacLean’s, située sur l’île de Benbecula.

Douches publiques :   Castlebay Ferry Terminal    &    The Swimming Pool and Sports Centre

 

Après 2 jours et demi passés sur Barra, direction le terminal de ferry de Ardmhor. Nous embarquons en milieu de journée vers Eriskay. Tristes de quitter ce magnifique endroit mais impatient de poursuivre notre périple.Barra_ferryNos infos : Pour les courtes traversées entre îles, la réservation s’effectue avec un jour et un horaire définis. L’horaire n’apparait pas sur les billets. Une place est assurée à l’horaire réservé (on est sûr de pouvoir embarquer). Mais vous pouvez également prendre n’importe quel autre ferry dans la journée à condition qu’il reste de la place.

Le navire est beaucoup plus petit que celui qui nous a amené à Castlebay. Et le trajet bien plus court. Seulement 45 minutes. Nous partons de Barra sous le soleil. Quelques instants plus tard un gros nuage noir passe au-dessus de nous. D’un coup, la pluie tombe abondamment. Tout le monde se réfugie dans sa voiture ou dans le petit salon du ferry.

Même pas peur on reste à l’extérieur, protégés par la coursive. On échange quelques mots avec un mécanicien du ferry qui sort sur le pont fumer sa cigarette. Quinze degrés, pluie, vent, il est en tee-shirt. Nous en polaire et imperméable !

Nous tentons d’apercevoir des dauphins. Rien à l’horizon… Malgré tout la traversée du « sound of Barra » est marquante. Derrière nous l’aéroport de Barra. A droite l’île rocheuse de Hellisay. A gauche celle de Fuday et ses plages de sable. On longe un petit îlot. Endroit propice au repos des phoques. Mais il n’y en a pas.

Devant nous l’île d’Eriskay se dévoile petit à petit. Le soleil fait son retour.

Barra Ecosse Iles Hébrides

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